Close

Ricardo Bofill

Architecte

Il habite à Sant Just Desvern, où il a aussi son atelier d’architecture. La maison, les bureaux et les salles de l’atelier composent l’ensemble réhabilité de l’ancienne usine de ciment Sanson, où se conservent les silos et la cheminée –la plus grande de l’Europe dans les années 60- où il a aussi bâti l’immeuble Walden 7. L’acte de présentation des Xèmes Journées se fait dans une salle de l’atelier.

Diplômé d’architecture à l’École de Barcelone et l’École de Genève.

Soucieux d’aborder la complexité de la pratique architecturale, il s’entoure dès 1963 d’ingénieurs, d’urbanistes,  de sociologues, d’écrivains, de directeurs de ciné et de philosophes de talent. Cette équipe jeune et multidisciplinaire constitue l’atelier aujourd’hui connu sous le nom de Taller de Arquitectura.

Dans l’œuvre de Bofill, l’Histoire a été un manifeste constant. Outre un effort permanent d’analyse et d’interprétation de la culture et de l’architecture du passé, elle témoigne d’un vif intérêt pour les nouvelles tendances, d’un engagement dans les mouvements sociaux de l’époque et d’une quête de propositions alternatives pour répondre aux problèmes contemporains. Empreint de la stimulation de Ricardo Bofill, de sa conception de la vie et de sa vitalité inépuisable, le Taller de Arquitecturaa connu une série de changements théoriques et pratiques étroitement liés aux transformations sociopolitiques des dernières décennies du xxe siècle.

Au début de sa carrière, Bofill récupère les éléments artisanaux caractéristiques de l’architecture catalane traditionnelle. Plus tard, il commence à aborder les problèmes de planification urbaine à l’échelle locale dans le contexte politique et social de l’Espagne. Le besoin de se confronter à des projets de plus grande envergure amène l’équipe de Bofill à concevoir une méthodologie reposant sur la formation géométrique des éléments dans l’espace. Cette théorie, développée dans le projet « La Ciutat en l’Espai » (La ville dans l’espace), a été appliquée à la construction du bâtiment Walden 7.

Intéressé par les problèmes urbains des pays en voie de développement, Bofill transfert une partie de son équipe en Algérie, pour travailler aux côtés du gouvernement sur des projets de planification urbaine et de logement social. Ce travail culmine deux ans plus tard avec la construction du village agricole Houari Boumediene au Sud-est du pays.

En 1971, une équipe supplémentaire est constituée à Paris pour répondre à la commande de plusieurs projets dans le cadre des nouvelles villes françaises. Bofill introduit alors dans ses propositions des éléments symboliques directement liés à l’architecture monumentale française. La Petite Cathédrale et la Maison d’Abraxas sont des exemples de ces monuments habités.

À partir de1979, les activités du Taller de Arquitectura se centrent sur la France, avec la construction simultanée de quatre projets : Les Arcades du Lac et Le Viaduc, à Saint-Quentin-en-Yvelines ; Les Espaces d’Abraxas, à Marne-la-Vallée ;Les Échelles du Baroque, dans le xive arrondissement de Paris ; et Antigone à Montpellier.

Dans les années 80, les études de Bofill sur le recours à des unités en béton préfabriqué contribuent à réaffirmer la validité des formes classiques et de la géométrie dans l’architecture contemporaine. L’introduction du verre et de l’aluminium dans les années 90 marque l’aboutissement d’une démarche centrée sur l’étude et la recherche des formes et des matériaux.

En 2000, Bofill réunit l’ensemble de ses activités en Espagne à son siège, situé dans une ancienne usine de ciment à Sant Just Desvern. Le Taller de Arquitectura de Bofill préserve l’esprit et la philosophie qui animaient l’équipe au début des années 60 dans la réalisation de projets internationaux à l’échelle urbaine, contribuant ainsi à un nouvel « urbanisme intégré ». Des projets comme la Place de l’Europe au Luxembourg, le prolongement du Paseo de la Castellana à Madrid, la Central Artery à Boston, des infrastructures de transport comme la Terminal 1 de l’aéroport de Barcelone, des équipements culturels, sportifs et commerciaux en Europe, aux États-Unis et en Asie ; des bâtiments de logements sociaux et de luxe, de Dakar à Stockholm en passant par Pékin et Paris ; des bâtiments de bureaux et d’importantes compagnies américaines, françaises, espagnoles…

La renommée internationale de Ricardo Bofill repose sur sa capacité à concevoir et à réaliser des projets dans les contextes et les pays les plus divers. Ses œuvres témoignent d’un talent particulier pour travailler en harmonie avec les cultures locales, en combinant savoir-faire et expérience globale.

%